Le patrimoine rural du Pays Diois

Parce que c’est dans les pierres qu’on peut s’imprégner de l’histoire d’un pays, savoir ce qu’il a été, pour comprendre ce qu’il devient, on vous propose un voyage dans le temps à la recherche de nos traditions rurales. En montagne, et jusque dans les recoins retirés du territoire, se dissimulent dans le paysage les marques du travail laborieux de nos aïeux. Ici, les fondamentaux sont l’élevage de moutons et de chèvres, les cultures de la vigne, de la lavande, du chanvre, de la noix et les convictions des hommes, hier plus religieuses, aujourd’hui plus spirituelles…

1 – LA CHAPELLE SAINT-THOMAS DU PETIT PARIS à Saint-Nazaire-le-Désert,
le renouveau d’un lieu de contemplation

Construite en 1634, La chapelle St Thomas du Petit-Paris est nouvellement restaurée autour d’un jardin public dédié au recueillement et à la promenade face à une vue panoramique qui s’étend jusqu’au Vercors. Les bénévoles y ont acheminé à pied 500 mètres de planches et 180 poteaux de clôture ! Le cimetière a la particularité de posséder une plaque commémorant l’identité de 225 personnes ayant vécues dans la Vallée de la Roanne et inhumées entre 1715 et 1959.

Pour en savoir plus, n’hésitez pas à découvrir la page Facebook de l’association Philomène.  

2 – LE MOULIN DE L’AUBE à Die, le plus grand patrimoine industriel 
de la région conservé en l’état 

Ce moulin du XVIIe siècle utilisait la force hydraulique du canal le long duquel se trouvaient 8 autres moulins et 19 industries. C’est le dernier d’une telle dimension : 1000m² de bâtiments, dont 500m² de patrimoine industriel en bon état de conservation successivement, huilerie, meunerie-minoterie puis scierie. Aujourd’hui, il abrite une miellerie et les nouveaux propriétaires veulent redonner vie à la roue à eau pour relancer la production d’huile et de farine localement.

Visite du patrimoine industriel lors de la Journée du Patrimoine des Moulins.

3 – LES HAMEAUX OUBLIES du Serre, de l’Eglise et de Reychas, témoins de l’exode rurale

À Mensac, sur la commune de Châtillon-en-Diois, au-dessus des gorges des Gâts, les maisons en ruine ont été abandonnées entre 1930 et 1940. Elles faisaient partie des 4 villages de la commune de Creyers où seul Mensac n’est pas tombé dans l’oubli. On peut encore y voir avec nostalgie les pans de murs, le linteau d’une ouverture, l’aqueduc qui amenait l’eau au village, le puit, le clocher au hameau de l’église qui émerge de la frondaison des arbres et même des morceaux de fresques qui recouvrent les murs intérieurs.

Restez prudent en faisant attention aux chutes de pierre !  

4 – L’OFFICE DE TOURISME de Die, une rénovation contemporaine des anciens abattoirs

Le bâtiment restructure l’espace public selon trois niveaux : le parking, le forum (autrefois enclos des troupeaux) et la route. La présence du canal des Fondeaux explique le choix de la construction de ce bâtiment tout en longueur, car il fournissait un « tout à l’égout » facile. Il fonctionna entre 1843 à 1958 et était constitué de deux parties, l’une pour les bœufs, l’autre pour les bêtes à laine. Changeant radicalement de vocation, l’abattoir lugubre a fait peau neuve et met aujourd’hui en lumière par ces grandes baies vitrées les suggestions avisées de nos conseillers en séjours.

5 – LES TOURS DE QUINT à Sainte-Croix, sentinelles de la vallée

Au-dessus du village, les trois tours de l’ancien site fortifié font le gué bon an mal an… La tour sud était un petit donjon à cinq côtés, dont il ne reste que quelques pans de murs. La tour nord était aussi un donjon, mais sur trois étages où l’on peut encore apercevoir les latrines et derrière les ruines de la maison du seigneur. La tour est, qui était la plus grande, présente un bel encadrement de portes et une arbalétrière. La dernière tour a disparu….

Restez prudent en faisant attention aux chutes de pierre !

6 – LES 7 FOURS BANAUX de St-Etienne-en-Quint, une question de survie dans les campagnes

Sur la commune de Saint-Andéol, comme ailleurs, le pain était autrefois l’aliment de base. Pour cuire le pain, certains propriétaires avaient leur propre four, les autres allaient au four banal, c’est-à-dire dans celui que le seigneur louait aux habitants. Quoiqu’il en soit, le four est souvent un petit bâtiment avec une cheminée, construit à l’écart des habitations, afin de réduire le risque d’incendie très important par rapport aux toits de chaumes.

La plupart sont situés dans des cours privées, à regarder de loin !

7 – LA TOUR PURGNON à Die

La colline de Purgnon fut surmontée d’un château fort au XIIe siècle, dont il ne reste que cette tour circulaire et une portion du mur de la courtine. La tour fut ensuite transformée en chapelle au XIXe siècle sous le vocable de Notre Dame de Bonne Espérance. En 1944, avant l’arrivée des troupes allemandes à Die, plusieurs fidèles firent le vœu d’élever une statue de la Vierge sur la chapelle si la ville était préservée.

8 – LE SENTIER ARCHITECTURAL de Lus-La-Croix-Haute,
l’adaptation de l’habitat à la rudesse du climat montagnard

Cette randonnée de hameau en hameau à travers l’architecture rurale qui va à l’essentiel, c’est-à-dire la survie, permet de visualiser l’ingéniosité des hommes face à la force des éléments naturels en montagne : les fermes du Mas Bourget se dorent au soleil, le corps de ferme de Grisail s’abrite par son implantation du vent du nord, l’habitat groupé des Sièzes économise le terrain agricole, les 3 étages des fermes des Amayères s’adaptent à la rudesse du terrain en pente. A l’aide du livret, les interactions deviennent évidentes et pour creuser le sujet on peut enchainer sur l’exposition dédiée à l’architecture à la Maison du Patrimoine.

9 – LE BASSIN DE CHANVRE de Ponet-et-Saint-Auban,
une activité disparue qui redémarre pour l’éco-construction

Au XIXe siècle, le chanvre était produit pour les cordages. Ce bassin facilement accessible servait à rouir le chanvre, c’est-à-dire à attendrir les fibres textiles par macération. Cette culture a connu un essor au milieu du 19e siècle, mais à partir des années 60, elle a décliné avec l’émergence du coton et des fibres synthétiques. Aujourd’hui, elle revient sur le devant de la scène grâce à son utilisation comme matériau dans la construction durable très prisé au sein de la population de la Biovallée.

10 – LES ALAMBICS de Lesches-en-Diois,
témoins de la place essentielle de la culture de la lavande

Mais pourquoi la Rue des Alambics ? D’autant plus que près de la mairie, il n’y en a qu’un seul. En réalité, jadis en descendant la piste vers le Rotas et Chaitieu, il y en avait trois de plus. Cette concentration s’explique par la proximité de la grande fontaine, pour refroidir le serpentin durant la distillation de la lavande. Ici, toutes les familles cultivaient la lavande et la commune comptait 13 alambics ! Celui qui trône près du Charel est une trace de ce savoir-faire qui a marqué l’activité agricole de la région au XXe siècle ; ces moments de distillation étaient empreints d’une sympathique convivialité que la fête de la lavande, le 15 août, perpétue depuis plus de 60 ans.

11 – LES CIMETIERES FAMILIAUX de Barnave, terre protestante

Nombreux étaient les protestants au temps du Concordat de 1801, on ne s’étonnera donc pas du nombre de cimetières familiaux dans les paysages du Diois. Après la révocation de l’Edit de Nantes, les protestants se voient refuser le droit d’enterrer leurs morts dans les cimetières, durant plus d’un siècle, ils ont inhumé leurs proches dans les propriétés familiales en tout discrétion au crépuscule ou à l’aube. On recense environ 600 de ces cimetières dans le Diois, plutôt modestes comme le veut la tradition, placés dans un champ. Ils se repèrent facilement grâce à leurs cyprès, ainsi qu’à leurs murets ou haies vives qui ne perdent pas leurs feuilles en hiver. Les tombes surmontées d’une colonne brisée volontairement à la construction y signale la mort d’une personne jeune.

En savoir plus : www.cimetieresfamiliauxdrome.wordpress.com